Dents de sagesse

Les dents de sagesse, ou troisièmes molaires, évoluent normalement à partir de l’adolescence. Habituellement au nombre de quatre, il peut n’en exister que trois, deux, une voire aucune. A l’inverse une ou plusieurs dents supplémentaires (surnuméraires) peuvent être présentes.

En fonction de leur évolution elles peuvent être :

  • totalement sorties sur l’arcade
  • partiellement incluses dans l’os, elles sont enclavées. Une partie de la couronne a percé la gencive.
  • totalement incluses dans l’os; soit à l’état de germes (les racines ne sont pas formées), soit à l’état d’une dent totalement évoluée chez l’adulte.
  • incluses et ectopiques c’est à dire situées dans une position inhabituelle.

Pourquoi opérer ?

L’extraction des dents de sagesse, peut être demandée par votre orthodontiste ou votre chirurgien dentiste.

Chez l'adolescent:

 

  • leur extraction est majoritairement préconisée de façon préventive afin d’empêcher la survenue de complications si ces dents ne disposent pas de la place suffisante pour faire leur évolution normale.
  • Le plus souvent ces dents seront extraites au stade de germes (germectomies), c’est à dire avant la fin de la croissance des racines.
  • Les difficultés et complications opératoires sont moindres à ce stade.

Panoramique montrant la présence des quatre germes de dents de sagesse

Chez l’adulte :

  • les dents incluses ou enclavées responsables de complications seront extraites. L’extraction des dents de sagesse inférieures peut être rendue difficile par la présence de racines profondes venant au contact d’un nerf sensitif passant dans la mandibule. La réalisation d’un scanner (dentascanner) étudiant la position du nerf et des racines est parfois indispensable.
  • les dents sur l ‘arcade sont extraites si elles sont délabrées, sans antagonistes ou gênant les soins sur les deuxièmes molaires.

Dent de sagesse incluse chez l'adulte. Les racines ont évolué en profondeur et croisent le trajet du nerf alvéolaire inférieur

Coupe de dentascanner montrant le nerf (en bleu) passant entre les racines

Complications des dents de sagesses incluses

Les principales complications dues à la présence des dents de sagesse incluses sont:

  • Des déplacements dentaires peuvent être dus à la poussée des dents de sagesse justifiant leur extraction précoce, notamment après traitement orthodontique pour ne pas modifier l’alignement dentaire obtenu.
  • Des épisodes douloureux et / ou infectieux répétés (péricoronarites) associant gonflement et limitation de l’ouverture buccale sont souvent dus à des dents restées partiellement incluses sous la gencive.
  • L’atteinte des deuxièmes molaires (caries, déchaussement), parfois irréversible entraînant leur extraction.

carie de la seconde molaire due à un dent de sagesse enclavée

  • Le développement de kystes parfois volumineux. Ces kystes peuvent s’infecter et fragilisent la mandibule. 

volumineux kyste du à une dent de sagesse incluse

  • Le risque de fracture en cas de choc est favorisé par la présence d'une dent incluse ou d'un kyste. 

L'intervention

L’anesthésie locale permet de réaliser la majorité des extractions. En fonction des cas, les quatre dents de sagesse peuvent être extraites en une seule séance ou en deux séances (le plus souvent côté par côté) séparées d’au minimum deux à trois semaines.

Une sédation intraveineuse, plus rarement une anesthésie générale, sera indiquée en fonction du nombre de germes (ou de dents) à extraire, d’éventuelles difficultés chirurgicales et des souhaits du patient.

L’anesthésie est effectuée par un médecin anesthésiste, au bloc opératoire et nécessite une hospitalisation de quelques heures dans le service de chirurgie ambulatoire.

Les suites postopératoires

Un traitement antibiotique, des antalgiques, souvent des anti-inflammatoires et des bains de bouche antiseptiques vous ont été prescrits.

  • Les douleurs sont d’intensité et de durée très variables. Elle sont habituellement bien calmées par les antalgiques prescrits. Une douleur rebelle et persistante peut nécessiter un changement du traitement et / ou l’application d’un traitement local.
  • Un saignement  discret est fréquent le premier jour qui teinte la salive de rouge. Il doit céder à la compression en  mordant sur une compresse tassée à l‘endroit qui saigne. Evitez de rincer et de faire des bains de bouche  afin de ne pas éliminer les caillots qui se sont formés dans les alvéoles d’extraction.
  • Un oedème des joues est fréquent et variable, il est à son maximum le deuxième jour. L’application de glace le premier jour a un bon effet anti-oedèmateux.
  • Un hématome de la joue descendant dans le cou  peut apparaître dans les jours qui suivent l’intervention.
  • Les bains de bouche et le brossage des dents sont à débuter le lendemain de l’intervention.
  • L’alimentation est molle et froide le premier jour, et doit rester molle en fonction de la gêne à l’ouverture buccale.
  • Les fils de suture se résorberont spontanément en une quinzaine de jours.
  • Un rendez-vous de contrôle est prévu au quinzième jour environ.

Les risques postopératoires

Il est de notre obligation de vous informer des risques et des complications éventuelles en rapport avec toute intervention afin que vous puissiez prendre la décision de vous faire opérer ou non.

Les principales  complications énumérées ci dessous sont rares voire exceptionnelles et le plus souvent sans gravité.

Les complications infectieuses

Les plus fréquentes.

  • Précoces : L’alvéolite suppurée par infection de la cavité d’extraction. Le traitement repose sur des antibiotiques et des soins locaux.
  • Tardives : Elles apparaissent typiquement à la 3ème-  4ème semaine après l’extraction des dents inférieures, surtout s’il y a eu un hématome. Elles se traduisent par la réapparition d‘un gonflement douloureux, parfois un écoulement. Elles nécessitent la reprise d’un traitement antibiotique et des soins locaux. Dans certain cas un nettoyage sous anesthésie locale est nécessaire.

Les complications nerveuses

  • L’atteinte du nerf alvéolaire inférieur : Ce nerf chemine de chaque côté de la mandibule dans un canal à proximité des racines des molaires. Certaines dents de sagesse incluses peuvent avoir des racines profondes venant au contact du nerf  qui peut être traumatisé par leur extraction. Cela se traduit par une perte totale (anesthésie) ou partielle (hypoesthésie) de la sensibilité de la lèvre inférieure et du menton du côté du nerf traumatisé. Le trouble sensitif récupère spontanément dans la très grande majorité des cas en quelques jours, semaines ou mois. Les lésions irréversibles restent très rares. Pour préciser la position du nerf par rapport aux racines, et anticiper d’éventuelles difficultés opératoires, il peut être nécessaire de réaliser un scanner de la mandibule  (dentascanner). Il peut arriver que lors d’une extraction un fragment de racine soit délibérément laissé dans l’os si son extraction « a tout prix » expose à  un risque de lésion du nerf.  Cette complication est plus fréquente chez l'adulte.
  • L’atteinte du nerf lingual :  Il passe en dedans au contact de la mandibule dans la région de la dent de sagesse. Lors de l’extraction il sera protégé par un écarteur mais il risque d’être étiré et traumatisé par cet écarteur. Cela se traduit par une perte totale (anesthésie) ou partielle (hypoesthésie) de la sensibilité de la langue du côté du nerf traumatisé. Le trouble sensitif récupère spontanément dans la très grande majorité des cas en quelques jours, semaines ou mois. Les lésions irréversibles restent très rares.

Les complications dentaires

Elles touchent essentiellement les deuxièmes molaires avec un risque de fracture dentaire, de descellement de couronne ou de perte d’un plombage.

Les complications osseuses

  • L’alvéolite sèche est très douloureuse mais soulagée rapidement par un traitement local. Elle n’est pas due à une infection.
  • Un petit fragment d’os entourant la dent de sagesse peut être fracturé lors de l’extraction.  Habituellement sans conséquence il sera retiré sous anesthésie locale s’il est gênant.
  • Une fracture de la mandibule peut survenir au cours de l’extraction ou quelques jours plus tard. Exceptionnelle, elle est  favorisée par la présence d’une dent profondément incluse nécessitant un important dégagement osseux et/ou la présence d’un kyste fragilisant la mandibule et/ou des manœuvres trop brutales. Si la fracture survient chez un patient opéré sous anesthésie générale elle sera réparée dans le même temps. Sinon la réparation sera effectuée dans un deuxième temps.

Les complications sinusiennes

Elles sont en rapport avec les dents de sagesse supérieures (maxillaires)

  • une communication bucco-sinusienne (entre la cavité buccale et le sinus maxillaire) peut apparaître après l’extraction d’un germe ou d’une dent de  sagesse dont les racines sont proches du sinus. Elle se traduit par le passage de liquide de la bouche vers le sinus et le nez. Elle se ferme le plus souvent spontanément en quelques jours. Sa persistance impose sa fermeture  chirurgicale.
  • La migration dans le sinus maxillaire d’un germe de dent de sagesse peut survenir lors de l’extraction de petits germes haut situés. Il est indispensable  d’aller enlever ce  germe  du  sinus sous peine de complications infectieuses à type de sinusite.

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Dents de sagesse

Carie et délabrement de la seconde molaire causés par la présence de la dent de sagesse incluse

Carie et délabrement de la seconde molaire causés par la présence de la dent de sagesse incluse

Fracture de l'angle mandibulaire passant par la dent de sagesse

Fracture de l'angle mandibulaire passant par la dent de sagesse

Différents kystes développés à partir des dents de sagesse

Différents kystes développés à partir des dents de sagesse

Différents kystes développés à partir des dents de sagesse

Différents kystes développés à partir des dents de sagesse